Samedi 3 septembre 2011, 23:22
Depuis trois jours, me voici donc en Pologne. Et le moins que je puisse dire est que les premières heures furent folkloriques. Mais où, nom d'un schtroumpf, étais-je encore allée me fourrer?
Je ne pensais pas Berlin si proche de la frontière; ce qui explique d'ailleurs pourquoi 72 ans moins 1 jour plus tôt commençaient certaines visées expansionnistes du petit moustachu.
Bref, vive l'Europe de Schengen, j'ai passé la frontière sans m'en rendre compte ou presque.
Je me suis retrouvée sur un immense parking à camions, quasi-vide et silencieux sous un soleil de plomb. Le seul signe de vie à part les "toaleti" étaient toutes les petites cabines de change en zlotys Il y en avaient bien 8 ou 10 et qui me semble-t-il, pratiquaient toutes le même taux de change. La Pologne ne passera en effet à l'euro qu'en 2013, si tout va bien ! On en a perdu l'habitude de ne plus faire de savants calculs pour découvrir à combien vous revient votre sandwich et trois tranches de jambon... je dis aussi, vive l'euro mais pas l'inflation qui va avec, of course.
J'ai aussi redécouvert le plaisir des langues étrangères inconnues. Quoique, quand il s'agit de lire en roulant des panneaux de circulation cruciaux, il n'est là plus question de plaisir, j'y reviendrai par la suite.
Dès cette entrée en Syldavie Pologne, j'ai eu de bons gros fous rires. Le premier en essayant de sortir du parking de la douane : il ne te remet pas sur l'autoroute, mais sur une petite route bucolique au milieu des bois, avec des gentilles madames -un peu très court vêtues, quasi dépoitraillées et très maquillées- qui te souhaitent la bienvenue au bord de la route en agitant la main.
Quel bel effort de l'office du tourisme pour accueillir les gens. En ce qui me concerne, c'est le plombier de la pub qui m'aurait intéressé mais hélas... il devait être sur un autre poste frontière!
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| Oui, je sais, il est blond... |
Et là j'ai retrouvé l'autoroute, en pleurant de rire parce que de la petite route de campagne bitumée, je me suis retrouvée sur une rampe d'accès ... en pavés. Et quels pavés ! Même la rue de la citadelle à Tournai est un billard comparé à ça.
Mais le pire était à venir : l'autoroute.
Ici c'est Daerdenland puissance 1.000.000. Et encore j'hésite à ajouter des zéros. Sur une soixantaine de kilomètres, je me suis vraiment demandée ce que c'était que ça.
Pas question de dépasser le 50 à l'heure : des trous, des bosses, des ornières et des rigoles voire des morceaux du revêtement entiers en vadrouille. Ah ça, pas question de s'endormir au volant! Un poulailler industriel complet.
Mais ils font des réparations. Si si, je vous jure. J'ai même failli emboutir le camion d'asphaltage, qui s'est soudainement arrêté devant un trou, le petit monsieur bondissant de sa cabine, attrapant un tuyau dont il se servit pour copieusement "arroser" d'un mélange noirâtre et granuleux le sus-dit trou.
J'en ai même encore de straces sur mon bas-de-caisse.
Je ne suis absolument pas convaincue de l'effet réparateur de la manoeuvre mais il ne faut pas désespérer. Les voies dans le sens opposées sont elles déjà refaites à la perfection. Je suppose que le tour de cette voie d'entrée subira bientôt le même sort, Euro de foot 2012 oblige.
Je rassure ceux qui voudraient venir, ce n'est qu'une histoire de 60 km pas plus, après ce sont de superbes autoroutes toutes neuves.
Ce que j'en ai bien rit ! Au moins ce ne fut pas banal.
Deux jours plus tard, en allant rejoindre le reste du groupe à Wadowice, ma Poopouffe de GPS m'a emmené par les chemins les plus courts à travers les routes de la Pologne profonde. C'est très joli, calme et avec des vues très sympa sur des petits villages paumés. Que j'ai traversé dans les deux sens pour certains.
Il y a en effet pas mal de travaux sur les routes "nationales, et pour bien les faire, on coupe carrément la circulation. Sauf que dans une région peu densément équipée en route, les détours qui en résultent sont assez importants.
Déviation s'écrit un truc comme "objazd" et généralement tu as un panneaux qui te le dit au début ... et à la fin. Pour la quinzaine de kilomètres entre les deux : démerde-toi. Et Poopouffe ne savait que me confirmer que j'étais sur une "route sans nom". Et voulait sans cesse me faire faire "demi-tour dés que possible" . Ça aide vraiment!
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| Heu... |
Je me suis à un moment retrouvée au bord de l'eau, la route continuait bien sur l'autre rive, mais je ne conduis pas un insubmersible que je sache. Heureusement, un bac est arrivé qui m'a fait traverser pour la modique somme de 3 zlotys 5O (pour convertir, divisez par 4) même un billet de quai chez nous coûte plus cher, non?).
Enfin, après avoir mis plus du double du temps, je suis arrivée à Wadowice, ville natale de Jipitou, Jean-Paul II pour les non-initiés. C'est là où l'on prend la mesure de l'intense dévotion des gens d'ici pour LEUR pape.
Ça, c'est une autre histoire que je vous narrerai plus tard, avec des nouvelles de cette superbe cité qu'est Cracovie, splendide sous le soleil.