jeudi 13 septembre 2012

Une soirée à l'Opéra.

Vous êtes à Vienne.
Place de l'Opéra.
Il est 19h30 et les musicien de l'orchestre philarmonique s'accordent.
 
Ce soir au programme, Strauss et son Arabella.
Les gens s'installent, papotent à voix basse.
Pour ma part je pose mon séant sur un tapis de velour (enfin, plutôt de la moquette).
En plus je suis juste au deuxième rang.
Les ouvreurs en livrée distribuent les programme et placent le public.
Au ciel la nuit tombe et les façades viennoises s'illuminent.
Ca y est, ça commence.
Pendant 3 heures, la musique et le chant vont enchanter les lieux.
Et commec'est de plus sous-titré (heu oui, parce que l'allemand chanté à l'opéra, c'est un peu plus difficile à verstehen, hein!) j'ai compris toute l'histoire.
 
(Parenthèse pour dire qu'en chanson - opéra ou métal industriel - finalement on parle des même thèmes. Merci donc R+ de m'avoir appris le vocabulaire nécessaire).
 
Les gens vont et viennent, s'installent, quittent, pour cinq minutes ou le spectacle entier.
Un vol de corbeaux opusdéïsé passe, des vélos, des trotinettes. Un groupe compact de japonais qui ne sait s'il doit photographier la scène ou les spectateurs... certains, prévenants, ont leur panier à pique-nique et cassent la croûte. D'autre s'allongent.
 
Une soirée à l'opéra ...
Pour pas un radis, moins encore un kopeck.
Le principe du Live am oper Platz de Vienne, c'est de diffuser en direct sur la place ce qui se passe à l'intérieur... des chaises et des carrés de tapis sont installés devant l'écran géant et c'est parti pour une accessibilité à tous.
 
Et puis le plaisir d'un frappucino à l'entracte...

J'ai juste regretté que l'on ne voit pas plus l'orchestre jouer.

lundi 10 septembre 2012

L'art et la maclotte.

J'aime les maclottes de peinture à l'huile.
C'est extraordinaire ce que des ces petites masses de couleurs peuvent devenir posées sur une toile. Suivre le mouvement de la palette, ses accumulations, les maclottes.
L'image prend matière et volume, l'indéfinissable devient images, couleurs, étoffes, pierres précieuses et flamboie. Une vie permanente anime le tout.
 
Alors oui, je colle mon nez aux tableaux. Tant pis pour les esthètes se rengorgeant d'analyses empruntées et souvent mal digérées qui restent à 3 m. De loin, de près, tête penchée ou cou tendu, pour moi y a que de cette manière qu'on peut tenter de se rapprocher.
 
Sinon, reste chez toi et contente toi d'une photo !
 
Klimt et Schiele sont extraordinaires à ce jeu-là.

dimanche 9 septembre 2012

Liste des choses à faire -1.

A rayer en ce dimanche 9 septembre 2012 :
 
-aller manger une part de Sacher Torte chez Sacher à Vienne, avec une tasse de café au lait, sans regarder le prix.

 
Ca, c'est fait.
 
M'en lèche encore les babines, à défaut d'avoir nettoyé l'assiette !
 
 
Pour ceux qui ne comprendraient pas tout, ceci est une joke familial, liée à mon Papy Albert.
Et je n'ai mis que 24 ans à le réaliser ce voeux-là !

Faut pas confondre

la currywurst et la wienerwurst.
 
c'est comme ça que l'on sait si l'on est à Berlin ou à Vienne.
 
Si l'imbiss où tu l'achètes ressemble à une cabane de chantier, que le serveur lit le Bild entre deux clients: du bist ein Berliner.
Si tu te demande si ce ne serait pas un cousin d'Horta qui a fait les plans et conçu les vitraux du charmant pavillon où chauffe délicatement ta wurst, tu es à Vienne. Le tout évidemment sur un air de Strauss et le vendeur porte immanquablement une lavallière et une perruque poudrée.
 
Le seul point commun c'est que tu commandes en allemand, et ça, je sais le faire de mieux en mieux.
 
Parler allemand, pas juste demander une saucisse !
 
Comme quoi, la musique, ça a du bon.

L'inflation, mon bon monsieur...

... j'en prend mieux conscience rien qu'en regardant le prix des crèmes glacées à Prague.
 
Dans le temps, ça ne coûtait rien du tout pour nous, les capitalistes.
En même temps dans les magasins tu avais une seule sorte de pain, une seule sorte de chaque produit pas toujours de la meilleure qualité et pas question d'aller en famille faire ses courses ! une personne par caddy.
Et si de la poussière de café tombait du moulin où il fallait le moudre, un préposé la récupérait précieusement. Shocking pour nous habitué aux rayonnages gargantuesques de nos hypermarchés.
Dans la rue, les autochtones te regardaient comme un ovni avec tes fringues et ton allure d'occidental. Et que dire de l'attraction que furent le minibus et la caravane dans la banlieue de Prague où nous logions !
Il y avait beaucoup moins de touristes et surtout, pas de publicité tous les deux mètres ni de magasins tous les rez d'immeubles.Je me souviens de la "vitrine" du magasin d'état au bas de la place Venceslas. Achalandée est le terme contraire de ce qui pouvait la décrire.
Faire des photos au Château n'était pas trop bien vu par les militaires (à la russe) qui y montaient la garde et la Ruelle d'or où la petite maison bleue de Kafka se trouve était libre d'accès et des herbes folles poussaient entre les pavés.
C'est là, qu'à une fenêtre il y avait un marchand de glace - parfum unique : framboise - que notre guide nous avait offert.
J'y repense et c'est la chanson de Bécaud qui me trotte en tête... c'était aussi un peu la place rouge...
à l'époque.
 
Ce n'était pas que l'on se sentait espionné, surveillé, kgbétisé mais tout comme. Pas tranquille en fait. Il avait fallut avoir passeport, visa et tout le tralala pour pouvoir venir.
 
Je me souviens de la télé dans la salle d'attente de l'ambassade de Tchécoslovaquie, où passait en boucle les cérémonies typiques communistes dans un stade bondé. Un pour tous tous pour l'état. Et surtout pour la chorégraphie !
 
Mais nous étions "de l'autre côté". Le passage retour à la frontière a duré des heures, ils ont tout fouillé, à la limite même de démonter  le fond de la penderie de la caravane... des fois que quelqu'un s'y serait caché pour passer.
A l'ouest, chez nous.
 
C'était il y a 24 ans, un quart de siècle une autre époque. Avant que le mur tombe, le froid se réchauffe et les blocs ne fondent.
 
Je regardais tous ces jeunes croisés dans Prague et qui n'ont pas du tout connu cette époque,aussi occidental que n'importe quel ado européen d'aujourd'hui.
Je me demandais, en regardant les gens de mon âge et plus, comment tous ces changements avaient pu les toucher. Comment, d'un régime qui fut le leur presque 50 ans, passe-t-on à autre chose. Un autre chose qui était - il faut quand même le rappeler- exactement ce qui était décrié comme le Mal la veille encore.
 
Oui moi, alors capitaliste occidentale de 15 ans, faut-il que ces jours-là m'aient marqués pour vagabonder dans la ville avec un évanescent fantôme d'alors...

L'art du Oui tchèque

Ce qui m'a frappé lors de cette semaine en république Tchèque, c'est le nombre incroyable de mariages. Tous les jours, même en pleine semaine, tu es sûr de croiser au minimum une noce. Pas toujours évident pour eux de se frayer un chemin au milieu des hordes de touristes de la place de la Vieille Ville, surtout quand par malchance l'heure pile est proche.
 
Heure à laquelle l'horloge astrologique sonnera, le prophète tournera, la mort clochera, le coq chantera et la bobinette cherrera. 
Grand moment que de voir des masses de touristes se presser en tas, qui caméra, appareil ou smartphone à bout de bras filmera et verra par écran interposé ce joli ensemble s'animer.
Et encore, je n'évoque même pas la nouvelle mode : filmer et photographier avec son I-pad. Tu additionne à la taille de l'écran celle du protège écran, ce qui te donneras une idée de ce avec quoi les gens se baladent. A quand l'écran 32 pouces en sautoir autour du cou ?
 
J'en reviens donc à nos mariages en Tchéquie. Tous les jours, j'en ai croisé. Avec des toilettes parfois stupéfiantes, mais presque toujours assorties ! Et c'est une spécialiste qui vous le dit.
Ce qui est sympa c'est qu'ils partagent leur frais bonheur avec un ensemble plus que cosmopolite de gens puisque après la photo de l'horloge, M. Tou Riste reviendra chez lui avec celle des jeunes mariés posant pour tous et surtout pour eux.
 
Donc la république Tchèque est le pays de l'amour, cqfd.
 
Bon, pour terminer je raconterai ce qui m'a quand même paru le plus étrange. Une noce dont la réception se faisait dans la roseraie de Lidice*. C'est pas un endroit qui me parait adapté pour une noce - où alors faut-il voir ça comme un pied de nez à la barbarie passée ?
 
*Lidice était un petit village 20 km au nord-ouest de Prague qui a été rasé sous le niveau du sol et ses habitants exterminés en juin 42 par les SS, en représailles de l'assassinat de Heydrich. l'équivalent d'Oradour s/Glane