Si ce soir…
… était le
dernier soir. Pas le grand soir, pas non plus juste un soir sans histoire.
LE soir. LA nuit,
les dernières minutes du jour d’avant.
Comme disait la
chanson, qu’est-ce qu’on ferait de plus, de moins ou de travers.
A l’envers, à
l’endroit, même si certaines mailles ont lâché, lassé, fâché, je ne
détricoterai pas le fil de mon histoire. J’y ajouterai quand même quelque jolis
badges, perles et brillants.
Certains sont en
train de camper dans un bled paumé nommé Bugarach. Il paraît cependant qu’il y
a là-bas plus de journalistes que d’illuminés. C’est vrai que par principe de
précaution, mieux vaut toujours avoir une caméra au cas où E.T. débarquerait.
Moi je flâne dans
une ville qui est déjà revenue de tout. Malgré l’extrême inhumanisme, le feu du
ciel et la guerre froide, elle s’est toujours retissée.
C’est sans doute
une des raisons qui me la font aimer cette vieille Berlin, cette énergie qui la
sous-tend et la rend si humaine.
Ce matin, volant
au-dessus des nuages j’ai eu un superbe lever de soleil mauve-orangé-cyan sur
un océan de doux nuages blancs cotonneux. Les couleurs, le relief, la vibration
du jour qui apparait. Quelle apocalypse voudrait effacer tout ça ?
Où va le
monde ?
A demain.
D’ailleurs, si je
suis déjà hier pour une bonne partie du
monde à l’est d’ici, eux sont pour moi déjà dans une nouvelle ère. Plus
sage ? et meilleure ? Demain est un jour du reste de nos vies, et
c’est déjà magique juste pour ça.

