dimanche 9 septembre 2012

L'inflation, mon bon monsieur...

... j'en prend mieux conscience rien qu'en regardant le prix des crèmes glacées à Prague.
 
Dans le temps, ça ne coûtait rien du tout pour nous, les capitalistes.
En même temps dans les magasins tu avais une seule sorte de pain, une seule sorte de chaque produit pas toujours de la meilleure qualité et pas question d'aller en famille faire ses courses ! une personne par caddy.
Et si de la poussière de café tombait du moulin où il fallait le moudre, un préposé la récupérait précieusement. Shocking pour nous habitué aux rayonnages gargantuesques de nos hypermarchés.
Dans la rue, les autochtones te regardaient comme un ovni avec tes fringues et ton allure d'occidental. Et que dire de l'attraction que furent le minibus et la caravane dans la banlieue de Prague où nous logions !
Il y avait beaucoup moins de touristes et surtout, pas de publicité tous les deux mètres ni de magasins tous les rez d'immeubles.Je me souviens de la "vitrine" du magasin d'état au bas de la place Venceslas. Achalandée est le terme contraire de ce qui pouvait la décrire.
Faire des photos au Château n'était pas trop bien vu par les militaires (à la russe) qui y montaient la garde et la Ruelle d'or où la petite maison bleue de Kafka se trouve était libre d'accès et des herbes folles poussaient entre les pavés.
C'est là, qu'à une fenêtre il y avait un marchand de glace - parfum unique : framboise - que notre guide nous avait offert.
J'y repense et c'est la chanson de Bécaud qui me trotte en tête... c'était aussi un peu la place rouge...
à l'époque.
 
Ce n'était pas que l'on se sentait espionné, surveillé, kgbétisé mais tout comme. Pas tranquille en fait. Il avait fallut avoir passeport, visa et tout le tralala pour pouvoir venir.
 
Je me souviens de la télé dans la salle d'attente de l'ambassade de Tchécoslovaquie, où passait en boucle les cérémonies typiques communistes dans un stade bondé. Un pour tous tous pour l'état. Et surtout pour la chorégraphie !
 
Mais nous étions "de l'autre côté". Le passage retour à la frontière a duré des heures, ils ont tout fouillé, à la limite même de démonter  le fond de la penderie de la caravane... des fois que quelqu'un s'y serait caché pour passer.
A l'ouest, chez nous.
 
C'était il y a 24 ans, un quart de siècle une autre époque. Avant que le mur tombe, le froid se réchauffe et les blocs ne fondent.
 
Je regardais tous ces jeunes croisés dans Prague et qui n'ont pas du tout connu cette époque,aussi occidental que n'importe quel ado européen d'aujourd'hui.
Je me demandais, en regardant les gens de mon âge et plus, comment tous ces changements avaient pu les toucher. Comment, d'un régime qui fut le leur presque 50 ans, passe-t-on à autre chose. Un autre chose qui était - il faut quand même le rappeler- exactement ce qui était décrié comme le Mal la veille encore.
 
Oui moi, alors capitaliste occidentale de 15 ans, faut-il que ces jours-là m'aient marqués pour vagabonder dans la ville avec un évanescent fantôme d'alors...

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